vendredi 12 juin 2009
L'instinct de survie
Il y a des fois, où en une fraction de seconde, on SAIT qu'on est en danger. Je ne sais ni comment, ni pourquoi, mais c'est un pressentiment ultra puissant qui nous fait dire "fais gaffe, y'a un truc pas clair, il va t'arriver une bricole, fuis".
La première fois que j'ai senti cette peur quasi-irrationnelle, j'avais 9 ou 10 ans. C'était un après-midi de printemps, je rentrais de l'école et prenais le chemin que je connaissais par coeur.
En marchant tranquillement, j'ai senti une présence derrière moi. Je savais que je ne craignais rien car j'étais en plein milieu de la cité et il y avait du monde, mais cette présence était inhabituelle, trop proche de moi. Je me suis retournée vite-fait et ai vu qu'il s'agissait d'un homme d'environ 40 ans, qui me regardait.
Instinctivement, je me suis dit que ce n'était pas normal, que ce type n'avait pas sa place là, à cet instant, derrière moi. Je n'ai pas voulu ralentir le pas, me disant qu'il fallait faire comme si de rien n'était, comme si je n'avais rien remarqué.
J'ai continué à mon allure, l'homme toujours à quelques pas derrière moi. Il suivait exactement le chemin que je prenais. Aux abords de l'entrée de mon immeuble, je me suis dit qu'il fallait que je trouve un subterfuge pour le fuir. Je suis entrée dans mon immeuble, il est également entré. Je savais que si je me retrouvais seule avec lui dans l'asenseur, c'était fini.
J'ai appuyé sur le bouton. Pendant que l'ascenseur arrivait, l'homme a fait semblant de regarder les noms sur les boîtes aux lettres, puis est venu attendre l'appareil près de moi. Avant que les portes ne s'ouvrent, je suis sortie par surprise de mon immeuble. Le gars ne pouvait clairement pas faire autrement que prendre l'ascenseur. Il est resté statique une seconde, me regardant partir, puis il est entré. Mon coeur battait fort, j'avais peur, je savais que cet homme allait me faire du mal.
Une fois dehors, je me suis postée sur un muret le long du boulevard très fréquenté et ai attendu de longues minutes, pour voir si l'homme ressortait, ce qu'il fit quelques minutes plus tard. Craignant qu'il ne se dissimule pour pouvoir me suivre de nouveau dans le bâtiment, j'ai attendu encore de longues minutes, jusqu'à ce qu'un voisin arrive et que je puisse rentrer chez moi tranquillement.
Il y a quelques années, avec ma copine Tikka, nous avons vécu un moment comme celui-ci un soir.
Nous étions allées dans un fast-food et avions passé un petit moment bien sympathique à papoter et à rigoler. En descendant les escaliers pour sortir du restaurant, encore hilares, nous sommes tombées sur deux types de 26/30 ans qui sortaient aussi du resto, pas trop moches, mais aux regards glaciaux, calculateurs, signifiant "nous scrutons tout ce que nous croisons au cas où on pourrait trouver quelque chose d'intéressant".
Tikka et moi nous sommes alors regardées et une fois les gars un peu plus loin devant nous, nous nous sommes dit en choeur, sans nous concerter "Eux, ils nous veulent quelque chose". Et le "quelque chose", c'était pas un truc sympa.
Dans la rue, nous avons poursuivi notre chemin. Les gars marchaient devant nous et se sont arrêtés devant une boutique fermée, faisant semblant de regarder ce qu'il y avait dans la vitrine. Ils tournaient la tête vers nous, nous scrutant, détaillant notre allure et notre trajet. Nous étions obligées de les dépasser.
Une fois les types derrière nous, ils se sont mis à nous suivre. Avec Tikka, on s'est dit qu'il ne fallait pas qu'on s'engage dans l'autre rue, celle que nous devions prendre, plus isolée, moins fréquentée. J'ai dit à Tikka "On fait demi-tour, ils vont comprendre qu'on a compris", ce que nous fîmes sur le champ.
Nos suiveurs ne s'y attendaient pas et furent décontenancés de se retrouver face à face avec nous et notre air déterminé.
Ils ne pouvaient plus rien faire d'autre que de poursuivre leur chemin, sinon leur chasse aurait été évidente.
Une fois de retour devant le restaurant, nous avons tourné au carrefour de sorte de ne plus être dans leur champ de vision, puis nous nous sommes mises à courir comme jamais. Une fois à l'abri, nous nous sommes dit que sans notre instinct, notre 6ème sens, nous aurions été dans de sales draps.
Mercredi soir, je suis allée chez Mister B. Arrivée en bas de chez lui vers minuit, j'effectuai une dernière manoeuvre pour me garer, lorsque deux types de 25 ans à peine passèrent sur le trottoir. En continuant leur chemin, ils ont regardé ma voiture, voyant une femme seule, en pleine nuit.
J'ai tout de suite senti leur intérêt dans leur regard, mais suis sortie de ma voiture tranquillement. C'est en fermant mon coffre après avoir récupéré mon sac, que je les ai vus de nouveau, statiques devant l'agence immobilière juste à côté de l'entrée de l'immeuble de Mister B. L'un faisait semblant de regarder les annonces et l'autre me regardait. Là, j'ai su. Je n'allais aucunement faire un pas supplémentaire. Je me suis postée devant ma voiture, face à eux. J'ai pris mon téléphone portable en faisant semblant d'appeler quelqu'un et en les regardant quasiment dans les yeux (ils étaient à 5 mètres de moi environ). Ils étaient troublés par mon comportement. Ils se retournaient vers la vitrine, puis vers moi pour voir ce que je faisais, puis se parlaient, puis me regardaient. A plusieurs reprises, nous nous sommes regardés face à face, moi l'air déterminé qui leur faisait clairement comprendre qu'ils n'allaient pas m'avoir.
Au bout de quelques minutes, voyant qu'ils ne partaient pas, j'ai appelé Mister B. pour qu'il me rejoigne. Le temps qu'il arrive, les deux types ont continué à me regarder, puis ont poursuivi leur chemin. J'ai attendu qu'ils soient suffisamment loin pour entrer dans le bâtiment et retrouver Mister B.
J'ai trouvé ceci sur le net :
"L'instinct produit la réaction impulsive et souvent instantanée d'un animal face à un danger, un besoin, une peur... Les animaux n'ont pas la capacité de réfléchir longtemps quand un évènement particulier survient et c'est souvent par instinct de survie qu'il va se sauver ou attaquer. L'instinct est donc un système de réaction irréfléchie, mais souvent efficace, qui sert à l'animal pour survivre."
Source : http://www.bestioles.ca/animaux/instinct-animal.html


